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10 janv. 2018

[Communiqué] : Phonegate : nouvelles demandes d’interventions aux ministres Hulot, Buzyn et Le Maire

[Communiqué] : Phonegate : nouvelles demandes d’interventions aux ministres Hulot, Buzyn et Le Maire
Par Marc Arazi, arazi.fr, 10 janvier 2018

Combien de temps va t’on perdre encore avant que l’ensemble des utilisateurs de téléphones portables ne soit informé, par les pouvoirs publics français, européens et internationaux, des graves risques que fait courir à leur santé le fait de garder au contact du corps des mobiles dont les seuils de rayonnement d’énergie dépassent largement les limites à ne pas dépasser ?

En effet, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) dispose de ces informations depuis ses premiers tests qui ont été effectués en 2012 mais qui n’ont été révélés qu’en juillet 2016 lors de la sortie du rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) : « Exposition aux radiofréquences et santé des enfants. ». Et il en va de même outre-Atlantique, puisqu’il aura fallu attendre fin 2017 pour que le Département de la Santé publique de la Californie publie d’importantes recommandations sur les usages à bannir de l’utilisation de nos mobiles. Cela faisait depuis 2009 que le Dr Joel Moskowitch exigeait cet effort de transparence au travers d’un long et difficile combat juridique.



Dix-huit mois après l’alerte lancée sur ce qui s’apparente chaque jour un peu plus comme un scandale sanitaire et industriel international qui fait écho au récent scandale du Dieselgate, les pouvoirs publics n’ont absolument pas pris la mesure des enjeux de santé publique. Mon courrier du 19 juin 2017 au ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot et à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn est restée lettre morte.

J’ai donc souhaité leur écrire à nouveau, le vendredi 5 janvier 2018, en mettant également en destinataire de ce nouveau courrier Monsieur Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances (avec copie pour information à Monsieur Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation nationale). Ma lettre demande aux trois ministres destinataires d’intervenir au plus vite pour protéger les millions de citoyens français utilisateurs de téléphones portables et particulièrement les plus jeunes. Ma correspondance liste certains des smartphones les plus générateurs de risques parmi ceux testés par l’ANFR et rappelle, pour certains d’entre eux, les parts du marché français qu’ils détenaient en 2017.

Lire le courrier et retrouver mes propositions d’actions :

  • Agir vigoureusement par l’entremise du ministère de l’Économie et des Finances , pour qu’il oblige l’ANFR à faire sans délai toute la transparence sur ce sujet en amenant l’Agence à me communiquer, conformément à l’avis de la CADA, l’ensemble des rapports des mesures de tests réalisés entre 2012 et 2017 et à les publier ;
  • Informer le public des risques du téléphone portable au contact du corps et ce avec la conscience que les industriels de la téléphonie mobile qui commercialisent des téléphones dont les DAS « corps » affichés sont trompeurs par rapport aux valeurs constatées en usage réel mettent en danger la santé des utilisateurs de ces téléphones ;
  • Lancer une nouvelle campagne de prévention sur le bon usage des téléphones portables qui s’inspire de celle du Département de la Santé californien.
  • Retirer ou reconditionner tous les téléphones portables qui bien qu’annoncés comme « conformes » à la législation ont un DAS corps supérieur à la limite maximum de 2 W/kg en usage réel en s’appuyant sur les résultats des tests de l’ANFR.
  • Saisir la DGCCRF afin qu’elle lance une enquête approfondie sur ces pratiques trompeuses et déloyales vis-à-vis des consommateurs.
  • Revoir au plus vite auprès de la commission européenne tant la Norme EN50566/2013 que la Directive Européenne 2014/53/UE qui régissent la mise sur le marché des téléphones portables pour assurer à la fois une véritable transparence et une protection de la santé des utilisateurs.

En leur rappelant que cette situation extrêmement préoccupante ne peut ni ne doit durer plus longtemps sauf à mettre la responsabilité de l’État en cause pour n’avoir pas voulu prendre les mesures urgentes qui s’imposent face à ce nouveau scandale sanitaire et industriel, le Phonegate*.

* la paternité de ce terme revient à Pierre Le Hir (Le Monde du 23 décembre 2016) « Soupçons sur les ondes des téléphones portables »

http://arazi.fr/wp2/2018/01/communique-nouvelles-demandes-dinterventions-aux-ministres-hulot-buzyn-et-le-maire/

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