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12 juil. 2017

France : Hulot annonce la fermeture d’au moins 17 réacteurs nucléaires. Mais à quel prix?

Hulot annonce la fermeture d’au moins 17 réacteurs nucléaires. Mais à quel prix?
par Olivier Bot, Tribune de Genève, 
10 juillet 2017

France : Le ministre français a déclaré lundi qu’il va planifier ces fermetures découlant de la loi de transition énergétique.

C’est une première! La France admet que pour réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 à 50% d’ici à 2025, elle devra fermer des centrales. Logique mais pas facile à dire au pays d’Areva et d’EDF. Invité de RTL matin, lundi, le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a convenu qu’il faudra arrêter quelque 17 réacteurs nucléaires d’un parc qui en compte 58 pour coller aux objectifs de la loi de transition énergétique votée sous le quinquennat Hollande.

«C’est une annonce extrêmement intéressante, parce que pour la première fois, on a un chiffre et un gouvernement qui brise le dogme de la non-fermeture», a réagi Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau français Sortir du nucléaire. On peut imaginer que les sites les plus anciens seront fermés les premiers. A commencer par la centrale de Fessenheim, mise en service en 1978. Mais au vu des difficultés rencontrées pour décider la fin de la centrale alsacienne (renvoyée à la fin de 2018, date de mise en route de l’EPR de Flamanville), on imagine la suite… «Laissez-moi planifier les choses. Derrière les réacteurs, il y a des hommes et des femmes, des situations économiques et sociales, ou de sécurité, très différentes», expliquait le ministre, figure respectée de l’écologie en France.

Cette annonce intervient alors qu’Areva, en grande difficulté financière, sera racheté à la fin de l’année par EDF, comme annoncé en juin. Avec le vieillissement des centrales, la situation économique difficile du géant français de l’atome et de nouveaux enjeux de sécurité, la France aura du mal à effectuer sa transition énergétique. D’autant que le président de la République veut donner «une pérennité à la filière nucléaire, qui est une filière d’avenir en France comme à l’étranger», déclarait-il sur France Info. Il veut en effet que la France développe la génération des EPR et investisse dans la recherche, notamment du nucléaire de 4e génération. Or, «les travaux titanesques pour prolonger la durée de vie des centrales sont estimés au bas mot à 100 milliards d’euros. Le projet français de centre de stockage profond de déchets radioactifs coûte quant à lui 35 milliards d’euros», souligne le réseau Sortir du nucléaire.

Dans son livre La vérité sur le nucléaire, paru en 2011, l’écologiste et ancienne ministre Corinne Lepage estime que la France est mal préparée au démantèlement de ses centrales. D’après des estimations réalisées en Suède et au Royaume-Uni concernant leurs propres installations, l’experte du nucléaire chiffre le démantèlement des 58 réacteurs français de 100 à 200 milliards d’euros, alors que les recettes nettes de l’Etat sont d’un peu plus de 300 milliards d’euros par an.

Même planifiées, ces dépenses sont colossales. D’autant que l’expérience montre que ce coût est souvent sous-estimé. Ainsi pour la centrale bretonne de Brennilis, le démantèlement sur quarante ans, chiffré pour l’équivalent de 50 millions d’euros actuels en 1999, a bondi en 2011 à 500 millions, soit dix fois plus.

(TDG)

http://www.tdg.ch/monde/hulot-annonce-fermeture-17-reacteurs-nucleaires-prix/story/30022477

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