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19 mars 2017

Perturbateurs endocriniens : menace sur le cerveau

Perturbateurs endocriniens : menace sur le cerveau
WECF France

Le 7 mars, l’ONG britannique CHEM Trust, dont WECF France est partenaire, publiait un rapport intitulé « Menace sur le cerveau : Agir pour protéger les enfants des produits chimiques qui menacent le développement cérébral ». Le rapport démontre l’impact de certaines substances chimiques perturbateurs endocriniens, sur le développement cérébral de l’enfant, causant des déficits de l’attention, hyperactivité ou baisses de QI. Le rapport fournit un aperçu de la littérature scientifique existante, et également des propositions en termes de législation et mesures de protection des populations.

CHEM Trust est un organisme à but non lucratif britannique qui agit aux niveaux britannique, européen et international pour protéger la santé humaine et les écosystèmes des pollutions chimiques



MENACE SUR LE CERVEAU – Agir pour protéger les enfants des produits chimiques qui menacent le développement cérébral 
Communique, CHEM Trust, 7 mars 2017 

CHEM Trust [1] publie aujourd’hui un rapport qui montre comment les produits chimiques présents dans l’alimentation et les produits de consommation utilisés à la maison, à l’école et au travail peuvent porter atteinte au développement cérébral de l’enfant. 

Les impacts de ces expositions, tels que déficits de l’attention, hyperactivité ou baisses de QI, peuvent empêcher les enfants d’atteindre leur plein potentiel, et pourraient être évités, comme l’explique CHEM Trust dans son rapport Menace sur le cerveau - Agir pour protéger notre santé contre les produits chimiques qui menacent le développement cérébral de l’enfant. 

Des chercheurs ont montré que des milliers de personnes ont été exposées à des produits chimiques aujourd’hui largement interdits, tels que le plomb ou les PCB, à des niveaux suffisamment élevés pour que leurs fonctions cérébrales aient subi des dommages. Aujourd’hui, les inquiétudes sur l’impact des expositions à de « nouveaux » produits chimiques, présents dans notre environnement quotidien du 21ème siècle, se multiplient. Parmi les produits chimiques préoccupants, on trouve les retardateurs de flammes bromés, un groupe de produits chimiques présent dans le mobilier, les équipements électroniques et les matériaux de construction ou les composés perfluorés et polyfluorés, utilisés dans les revêtements antiadhésifs ou les matériaux respirants, qu’on retrouve par exemple dans des emballages ou des vêtements. Certains produits chimiques ont été interdits, mais des produits similaires restent commercialisés. 

L’étude énonce une vérité dérangeante : les enfants sont constamment exposés à un cocktail de substances chimiques, que les réglementations actuelles négligent singulièrement. "Au travers des différentes enquêtes aux polluants chimiques que Générations Futures publie maintenant depuis de nombreuses années, nous avons pu constater la multiplicité des molécules auxquelles chacun(e) de nous se trouve exposé. Pesticides, plastifiants, retardateurs de flamme etc. autant de molécules qui constituent un cocktail inquiétant tout particulièrement pour la femme enceinte et les jeunes enfants. Ce nouveau rapport démontre qu'il est plus que temps d'agir pour retirer et interdire la mise sur le marché de ces substances à l'impact néfaste avéré. Il en va de notre santé et de l'avenir des générations futures.", déclare François Veillerette pour Générations Futures. 

CHEM Trust fait des propositions pour faire face à ce défi, comme accélérer la réglementation de groupes de substances chimiques similaires, développer de nouvelles méthodes pour identifier les produits préoccupants. Des conseils destinés aux consommateurs pour réduire leur exposition sont également proposés [2]. 

Comme l’explique le Dr Michael Warhurst, directeur de CHEM Trust : “Le développement cérébral des générations futures est en jeu. Le législateur européen doit substituer des groupes de produits chimiques préoccupants, plutôt que de restreindre petit à petit un produit chimique à la fois. Nous ne pouvons pas continuer à jouer avec la santé de nos enfants.” 

Pour Véronique Moreira, présidente de WECF France : “La pollution de l’environnement cause 1,7 million de décès chez les enfants chaque année. C'est l’Organisation Mondiale de la Santé qui le dit elle-même dans un rapport daté d'hier [3]. Aujourd’hui, les données de CHEM Trust viennent confirmer que nous devons agir rapidement et efficacement pour protéger la santé de nos enfants, dès la période de grossesse. Les Etats européens et la Commission européenne ne semblent pas avoir compris cette nécessité, comme le montre le blocage sur le dossier des perturbateurs endocriniens. Il faut pourtant agir, et vite, pour protéger les plus fragiles. C'est possible : la prévention des expositions est le seul moyen pour y parvenir, car les dommages sont irréversibles. ” 

Le rapport a été validé par deux éminents scientifiques spécialistes de ces questions, les professeurs Philippe Grandjean et Barbara Demeneix. Selon le professeur Demeneix : “Aujourd’hui, l’exposition à des produits chimiques atteint des niveaux sans précédent et est à la fois multiple, ubiquitaire, et débute dès la conception ”. Le Professeur Philippe Grandjean estime quant à lui que “La génération actuelle a la responsabilité de sauvegarder les cerveaux du futur. J’insiste sur la nécessité d’appliquer le principe de précaution pour protéger les cerveaux des générations futures ”. 

Contacts : 
Elisabeth Ruffinengo, WECF France, 04 50 83 48 13, elisabeth.ruffinengo@wecf.eu Nadine Lauverjat, Générations Futures, 06 87 56 27 54, nadine@generations-futures.fr Valérie Xhonneux, Inter Environnement Wallonie, 081/390 763, v.xhonneux@iew.be

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